C’est si simple de ne rien faire ! (Dominique Maillard)

Un ouvrage vient de paraître, au titre dénué d’ambiguïté « Surtout, ne rien décider »(1). C’est un pamphlet destiné aux politiques mais qui pourrait être adressé également aux dirigeants d’entreprise : surtout ne rien décider…mais donner l’illusion de l’action. Inversement, l’agitation vibrionnaire et les décisions à l’emporte-pièce ne sont judicieuses ni en politique ni en entreprise. La bonne solution est sûrement le juste milieu mais où se trouve-t-il, le juste milieu ? A défaut de précepte intangible ou de recette infaillible, je voudrais apporter un témoignage. La principale difficulté que je ressens tient au partage du diagnostic : cette phase, jugée trop longue par certains, est pourtant la clé de la réussite. L’analyse de la situation ne dicte pas les solutions mais elle en facilite la compréhension. Vient ensuite le temps de la décision. L’inaction vécue par les uns est ressentie par les autres comme l’annonce d’un bouleversement en préparation. Symétriquement certaines décisions considérées par leurs auteurs comme significatives et structurantes sont minimisées par d’autres dont l’ambition et l’impatience se trouvent déçues.

Je prendrais à nouveau l’exemple de la réorganisation d’une entreprise. Certains –qui s’y sont opposés– jugent cette décision, précipitée, excessive, inutile voire dangereuse. Il aurait mieux valu ne rien faire et prolonger le statu-quo ! D’autres trouvent cette décision tardive, incomplète, trop partielle, et donc dangereuse parce qu’elle ne va pas assez loin. Il aurait mieux valu ne rien faire et en rester au statu-quo pour attendre des jours meilleurs ! Je trouve pour ma part amusant que, partant de points de vue opposés, ces critiques avisés en arrivent à une conclusion du même genre. Finalement « c’est si simple de ne rien faire ! » Et pour ceux qui voudraient aller plus loin dans la réflexion, il reste à méditer la morale de la fable de La Fontaine (Le meunier, son fils et l’âne) : « …est bien fou du cerveau qui prétend contenter tout le monde et son père ».

Dominique Maillard, Président de la FNEP


(1) Pierre Conera, Editions Robert Laffont

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